La culture occidentale, ou devrait-on dire plus largement, l’évolution de nos sociétés humaines laissent une part congrue au potentiel créatif de l’être humain en tant qu’individu et ce, depuis son plus jeune âge. Il a été décrété au fil du temps que le conformisme à des critères de qualité , de performance et d’intelligence étaient les valeurs étalon d’une société qui pouvait tendre vers la prospérité. Il a été donc imaginé, conçu et mis en oeuvre des modèles d’apprentissage, de systèmes économiques et politiques, des modèles relationnels et d’organisation qui satisfaisaient au mieux cette vision du monde. C’était omettre, sciemment ou non, que ce faisant, on priorisait et valorisait les personnes privilégiant l’activation d’un côté de leur cerveau plutôt que l’autre; il aura fallu attendre le XXIème siècle pour que la science nous éclaire sur ce point…

Pour autant, ces systèmes sont maintenant tellement bien ancrés dans nos modèles d’organisations et de programmes éducatifs, dans nos modèles d’organisations sociales et relationnelles, dans nos modèles économiques et politiques, qu’il est difficile, voire illusoire, de pouvoir prétendre apporter des changements dans ces domaines d’un coup d’un seul. C’est d’autant plus difficile que les individus qui sont en possession des bras de levier de ce changement de paradigme sont celles et ceux qui évoluent le mieux au sein de ces modèles puisqu’ils ont été pensé et concrétisé par leurs pairs historiquement, qui étaient au bénéfice des mêmes inclinations psycho-cérébrales qu’eux. Il leur est donc d’autant moins naturel ou d’autant plus plus difficile de percevoir, comprendre que la valorisation et l’institutionnalisation de ces seules valeurs comme valeurs étalon stigmatise et discrimine l’autre moitié de l’humanité qui s’appuie, elle, sur des inclinations opposée. Dire qu’elles sont opposées n’est pas exact, puisqu’il est (enfin) reconnu que nous utilisons toutes et tous et tout le temps 100% de nos capacités cérébrales, mais pas de la même façon et pas avec les mêmes priorités selon les contextes. En clair, ce qui apparaît comme essentiel et prioritaire à une moitié de l’humanité est ressenti comme secondaire par l’autre moitié et vice inversé…

Il y a depuis quelques décennies des velléités de plus d’horizontalité – organisations moins verticales au sein d’entreprises, plus de reconnaissance des différences (LGBTI+…), plus grande sensibilité aux causes d’intérêt général (climat, déchets, énergie…) – mais l’inertie de nos priorités historiques défendues par celles et ceux qui en bénéficient aujourd’hui rend difficile une transition vers autre chose en douceur.

C’est sous l’angle de l’école et de la formation que Ken Robinson* nous éclaire avec talent, humour et profondeur sur le constat de la dilapidation des talents de création et d’imagination dont nous bénéficions toutes et tous. En cause, les héritages dogmatiques et la perpétuation de notre système de valeurs tel que nous le connaissons, tel que nous le  perpétuons qui étouffe et annihile le potentiel intrinsèque d’expression et de réalisation de nombre d’individus.  

* Ken ROBINSON : Kenneth Robinson, pédagogue, né le 4 mars 1950;

                          décédé le 21 août 2020

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